Vol de jour vers Tana

Tout le monde est là pour changer d'hémisphère

Il y a les malgaches en quête du retour avec leurs visages mosaïques du monde

Avec leurs vêtements bariolés

Des chapeaux exhubérants

Et leur port d'un autre âge, d'une souveraine élégance

Il y a des blancs, bientôt Vahazas

Touristes, hommes d'affaires

Aventuriers burinés

Randonneurs solitaires

Chinois en quête de nouvelles opportunités

Il y a ceux que l'on attend là-bas

Ceux qui ne savent pas où ils vont

Toute la cabine résonne de l'impatience du départ

Encore un peu de patience

Un passager s'est perdu

Sa valise est arrivée avant lui

Les magazines bruissent

Les hôtesses s'affairent pour les derniers préparatifs

Derniers appels sur les portables

Vagabonds au coeur tendre

le vol s'enrêve dans le vrombrissement des turbines

L'avion s'impatiente de battre de l'aile

On est toujours sans nouvelle du voyageur égaré dans l'ultime terminal

Je compte et recompte les petits hublots du gros zavion d'à côté

Mais le sud est déjà derrière nous

La lumière ricoche sur le fuselage

Je suis heureux comme un milliardaire sans souci

Je discerne au sol l'ombre de l'avion nous quitter, on est vraiment parti...

Le personnel de cabine désinfecte les rangées avec des bombes

Les damiers végétaux disparaissent peu à peu

La tête dans les nuages laiteux

Un dernier grand virage

Au large, au grand large de Paris

Une mer nébuleuse

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